Ashwagandha KSM-66® : ce qu'il faut savoir avant d'en prendre

Ce qu'est l'ashwagandha, ce que signifie la standardisation KSM-66® et pourquoi plusieurs autorités européennes recommandent la prudence : grossesse, thyroïde, foie et médicaments.

Par Rosario La Marca, coach diplômé d'État · 02/11/2026 · 7 min de lecture

L'ashwagandha (Withania somnifera) est une plante de la médecine ayurvédique dont on utilise surtout la racine. KSM-66® est le nom commercial d'un extrait de racine standardisé en withanolides. Aucune allégation de santé n'est autorisée pour l'ashwagandha dans l'Union européenne, et plusieurs autorités sanitaires européennes ont publié en 2024 des mises en garde : lisez les précautions ci-dessous avant d'en prendre.

Ce guide ne vous dira pas « à quoi sert » l'ashwagandha. Il vous explique ce que contient un complément, comment lire une étiquette et qui doit s'abstenir.

Ashwagandha : de quoi s'agit-il ?

Withania somnifera est un petit arbuste de la famille des Solanacées, aussi appelé « ginseng indien ». La médecine traditionnelle indienne l'utilise depuis longtemps, principalement sous forme de racine. Dans les compléments alimentaires vendus en Europe, on trouve surtout des extraits de racine, mais certains produits utilisent aussi des feuilles.

Les composés les plus étudiés sont les withanolides, une famille de molécules naturellement présentes dans la plante. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) souligne que la composition des produits varie fortement selon la partie de la plante utilisée et la méthode d'extraction. Deux compléments « d'ashwagandha » ne sont donc pas forcément comparables.

Que signifie KSM-66® ?

KSM-66® est une marque déposée d'extrait de racine d'ashwagandha. Son fournisseur annonce un extrait issu uniquement de la racine, standardisé à au moins 5 % de withanolides, mesurés par chromatographie (HPLC). La standardisation garantit une teneur minimale en withanolides d'un lot à l'autre. Elle ne dit rien, en revanche, d'un éventuel effet sur la santé.

Comment lire l'étiquette

  1. Partie de la plante : « racine » doit être clairement indiqué. Méfiez-vous d'un simple « Withania somnifera » sans précision.
  2. Quantité d'extrait par gélule : en mg d'extrait, et non en « équivalent poudre de plante ».
  3. Standardisation : le pourcentage de withanolides et, idéalement, la quantité en mg par portion.
  4. Dose journalière et nombre de gélules : respectez la dose indiquée, sans la cumuler avec d'autres produits contenant de l'ashwagandha (certains mélanges « sommeil » ou « hormonal » en contiennent).
  5. Avertissements : grossesse, allaitement, enfants, traitements médicaux.

Exemples dans notre magasin

Produit Extrait Quantité par gélule Dose indiquée par le fabricant
Iogenix KSM-66 (60 gélules vegan) Extrait de racine KSM-66® 300 mg 1 gélule par jour, de préférence au cours d'un repas
Trec KSM-66 (60 gélules) Extrait de racine KSM-66® 200 mg 1 gélule par jour avec de l'eau

Les autres références sont visibles dans la collection Stress et équilibre. Le classement d'un produit dans une collection ne constitue pas une promesse d'effet.

Que disent les études ?

Vous lirez beaucoup d'affirmations sur l'ashwagandha en ligne. Le BfR rappelle, en 2024, que les effets positifs mis en avant dans la publicité n'ont pas été prouvés scientifiquement et que les risques ont été peu étudiés. Il précise aussi que les études chez l'humain portaient surtout sur des bénéfices potentiels et ne recensaient pas systématiquement les effets indésirables.

Avant de vous fier à une étude citée sur un site ou une étiquette, posez-vous ces questions :

  • Quel extrait a été testé, à quelle dose, et est-ce le même que celui du produit vendu ?
  • Combien de participants, pendant combien de temps ? Une étude courte sur quelques dizaines de personnes ne renseigne pas sur une prise de plusieurs mois.
  • Qui a financé l'étude ?
  • Les effets indésirables ont-ils été recherchés et rapportés ?

C'est pour cette raison que nous ne présentons aucun effet de l'ashwagandha : la réglementation européenne ne l'autorise pas, et les données actuelles ne le justifient pas.

Ashwagandha : précautions et avis des autorités

Ce que disent les autorités européennes

  • Danemark : sur la base d'une évaluation de l'Université technique du Danemark (DTU, 2020), qui n'a pas pu établir de dose sûre, le pays a interdit l'ashwagandha dans les compléments alimentaires en 2023.
  • Pays-Bas (RIVM, mars 2024) : l'institut néerlandais déconseille par précaution les préparations à base d'ashwagandha, en particulier pendant la grossesse. Il cite des cas d'intoxication rapportés par des médecins, dont des atteintes du foie.
  • France (ANSES, avis d'avril 2024, publié en juin 2024) : l'agence déconseille ces compléments à plusieurs groupes de population (voir ci-dessous). Elle relève notamment, dans une étude chez des personnes hypothyroïdiennes, des variations des hormones thyroïdiennes.
  • Allemagne (BfR, septembre 2024) : l'institut demande en particulier aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes et aux personnes atteintes d'une maladie du foie de ne pas en prendre, et invite tous les autres consommateurs à la prudence.

À l'échelle de l'Union européenne, aucune décision commune n'a été prise à la date de rédaction de ce guide. La situation évolue : nous mettrons cette page à jour si la réglementation change.

Ne prenez pas d'ashwagandha si vous êtes dans l'un de ces cas

  • Grossesse ou projet de grossesse : la plante a été utilisée traditionnellement pour provoquer des avortements, et cet effet n'a pas été étudié.
  • Allaitement.
  • Moins de 18 ans.
  • Maladie de la thyroïde (hypo- ou hyperthyroïdie) ou traitement thyroïdien.
  • Maladie du foie, actuelle ou passée.
  • Maladie cardiaque.
  • Trouble hormonal, notamment hyperandrogénie.
  • Conduite d'un véhicule ou utilisation de machines : les experts de l'ANSES la déconseillent dans ces situations, en raison d'une somnolence observée dans des essais cliniques.

Traitements médicaux : parlez-en d'abord à votre médecin

Le BfR signale des interactions possibles avec certains médicaments qui régulent la glycémie (antidiabétiques), la tension artérielle (antihypertenseurs) ou le système immunitaire (immunosuppresseurs). L'ANSES déconseille également l'ashwagandha aux personnes qui prennent un traitement sédatif ou agissant sur le système nerveux central. Si vous prenez un médicament au long cours, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Quand arrêter

Parmi les effets rapportés figurent des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée), de la somnolence, des maux de tête, des vertiges et des éruptions cutanées. Arrêtez immédiatement et consultez un médecin en cas de signes pouvant évoquer une atteinte du foie : jaunissement de la peau ou des yeux, urines foncées, fatigue inhabituelle, douleurs abdominales.

Ces informations sont générales. Si vous cherchez avant tout à mieux récupérer ou à mieux dormir, l'alimentation, le sommeil et l'organisation de l'entraînement restent les premiers leviers. Rosario La Marca, coach diplômé d'État, peut en faire le point avec vous dans un coaching personnalisé.

Questions fréquentes

L'ashwagandha est-elle interdite en Belgique ?

Non, à la date de rédaction de ce guide. Comme le rappelait l'ANSES en 2024, Withania somnifera figure sur la liste belge des plantes autorisées dans les compléments alimentaires (arrêté royal du 31 août 2021). Le Danemark l'a en revanche interdite en 2023, plusieurs agences européennes la déconseillent à certains groupes, et le cadre peut encore évoluer au niveau européen.

Quelle dose d'ashwagandha prendre ?

Aucune autorité n'a fixé de dose considérée comme sûre : le DTU et le BfR n'ont pas pu en établir une avec les données disponibles. Si vous en prenez, ne dépassez jamais la dose indiquée par le fabricant et n'associez pas plusieurs produits qui en contiennent.

KSM-66® est-il plus sûr qu'un autre extrait ?

Un extrait standardisé garantit une composition plus constante, ce qui est préférable à un produit mal défini. Mais les mises en garde des autorités concernent l'ashwagandha en général : elles s'appliquent aussi aux extraits de marque.

Peut-on prendre de l'ashwagandha pendant la grossesse ?

Non. L'ANSES, le BfR et le RIVM la déconseillent toutes pendant la grossesse et l'allaitement.

Sources

  • ANSES, « Avis relatif aux risques liés à l'utilisation des préparations de Withania somnifera (L.) Dunal dans les compléments alimentaires », saisine n° 2021-SA-0077, 19 avril 2024. anses.fr
  • BfR (Bundesinstitut für Risikobewertung), « Ashwagandha: food supplements with potential health risks », communication n° 39/2024, septembre 2024. bfr.bund.de
  • RIVM, « Risk assessment of herbal preparations containing Withania somnifera (Ashwagandha) », rapport 2024-0029, mars 2024. rivm.nl
  • DTU Fødevareinstituttet (Université technique du Danemark), évaluation des risques de Withania somnifera pour l'Administration vétérinaire et alimentaire danoise, 2020.

Un plan adapté à votre objectif ?

Ces conseils sont généraux. Rosario La Marca, coach diplômé d'État, construit avec vous un plan alimentaire personnalisé au magasin de Tubize.